Les Romanov ont régné sur la Russie pendant trois cent quatre ans, dont deux cents depuis cette ville. Saint-Pétersbourg a été construite par la dynastie, pour la dynastie, et c'est la seule ville où l'on peut parcourir toute leur histoire en quelques jours : le palais où ils vécurent, la cathédrale où ils sont enterrés, la pièce où le dernier tsar signa son abdication, et le drame du sous-sol qui précéda leur chute.
La dynastie en bref
Les Romanov accédèrent au trône en 1613, lorsque Mikhaïl Romanov fut élu tsar après le Temps des Troubles. Ils régnèrent depuis Moscou pendant les quatre-vingt-dix premières années.
Pierre le Grand transféra la capitale dans sa nouvelle ville sur la Neva en 1712, et de cette date jusqu'en 1918, la vie de la famille fut indissociable de celle de Saint-Pétersbourg. Dix-huit souverains au total, s'achevant avec Nicolas II, qui abdiqua en mars 1917. Lui et sa famille proche furent assassinés à Ekaterinbourg en juillet 1918.
Le nom a survécu à la dynastie d'une manière étrange : celle qui s'éteignit dans une cave de province repose, presque au complet, dans une seule cathédrale au cœur de cette ville.
Où ils reposent : la cathédrale Saints-Pierre-et-Paul
À l'intérieur de la forteresse sur la rive de Petrograd, la cathédrale abrite presque tous les empereurs russes à partir de Pierre le Grand. Les tombes sont des sarcophages de marbre blanc alignés, sobres à l'exception de deux en jaspe vert et rhodonite pour Alexandre II et son épouse.
En 1998, quatre-vingts ans après les meurtres, les restes de Nicolas II, d'Alexandra et de trois de leurs filles furent inhumés dans une chapelle latérale — la chapelle Sainte-Catherine. C'est l'endroit le plus direct de la ville pour embrasser d'un seul regard le début et la fin de la dynastie en trente mètres.
Où ils vécurent
- Le Palais d'Hiver. Résidence impériale principale à partir des années 1760. Il constitue aujourd'hui le cœur de l'Ermitage, et on le visite comme un musée — mais la salle de Malachite, l'escalier du Jourdain et les appartements privés de la dernière famille impériale sont bien le palais, et non la collection.
- Tsarskoïe Selo, à Pouchkine. Le palais de Catherine avec la Chambre d'Ambre, et à côté le palais Alexandre, qui fut la véritable demeure de Nicolas II et où la famille fut placée en résidence surveillée après l'abdication.
- Peterhof. La réponse de Pierre le Grand à Versailles, dont les fontaines fonctionnent encore sans pompes, grâce au système gravitaire d'origine.
- Pavlovsk et Gatchina. Les palais de Paul Ier, plus calmes et bien moins fréquentés.
- Le Palais de Marbre sur le quai du Palais, construit par Catherine la Grande pour Grigori Orlov.



